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tique, tant pour estre universelle des trois Ordres, et que les matieres qui y seront proposées y pourront prandre briefve resolution, et pour avoir plus de temps et loisir à procurer la celebration du Concilie general, selon l'esperance que Nostre Sainct Pere le Pape, l'Empereur, le Roy Catholique et autres princes nous en ont donnée, en quoy nous n'avons obmis ny obmettons cy après faire tout office à nous pos­sible, comme aussi pour ne différer plus à oyr les plainctes et doleances de nostre peuple, ausquelles desirons promptement remedier, à ceste cause vous advertissons et signifiions que nous commencerons à tenir les Estatz le dixiesme jour du moys de Decembre prochain en nostre ville de Meaulx, où nous enten­dons et desirons que se treuvent aucuns des princi­paulx et plus notables personnages de chascune pro­vince, bailliage et seneschausé de nostre royaulme, et qu'ilz viennent, chascun en son regard, bien instruictz des plainctes et remonstrances qu'ilz au­ront à nous faire.
"Pour à quoy satisfaire nous voullons, vous man­dons et enjoignons trés expressement que, inconti­nant après la presente receue, vous ayez, à son de trompe ou autrement, à faire assembler en la prin­cipalle ville de vostre ressort dedans le plus brief temps que faire ce pourra, tous ceulx des trois Es­tatz d'icelluy, ainsi qu'il est acoustumé et qu'il c'est cy devant observé en semblable cas, pour conferer emsemble, tant des remonstrances, plainctes et do­leances qu'ilz auront à proposer et nous faire en­tendre en l'assemblée generalle de nosd. Estatz, où nous entendons qu'ilz envoyent et facent trouver aud. jour certains bons personnages d'entre eulx, et poul­le moings ung de chascun ordre qu'ilz choisiront à ceste fin, comme aussi de ce qu'il leur semblera tourner au bien publiq, soulagement etrepoz d'ung chascun. Cependant noz lieuxtenans et gouverneurs des provinces visiteront respectivement leurs villes eL autres lieux de leurs charges pour entendre par le menu, et après nous rapporter les doleances du peuple. Adviseront aussi ce qui sera utille d'estre ordonné pour le bien des provinces de leursdietz gouvernemens en leur faisant entendre le desir que nous avons de les soullager pour l'advenir, ayans en cest endroit maintenant commencé par la reduction des tailles à l'estat où cy devant elles estoient en temps de paix, avec esperance de faire myeulx, selon que noz affaires cy après le pourront porter. I
DU BUREAU                                               [i56o]
"Et au regard des evesques, prelatz et membres de l'Eglise de nostre royaulme, lesquelz, selon les exhortations par nous faictes, se sont retirez en leurs diocèses et lieux où ilz doibvent residence, oultre ceulx qui seront depputlez par les provinces pour se trouver esd. Estatz, nous les advertirons de se tenir lors prestz et appareillez pour s'achemyner vers nostre ville de Paris, et se retirer la part où nous serons, pour povoir estre et comparoir au xx0 de Janvier au lieu que entrecy et led. temps nous leur ferons entendre, affin que, estans là assemblez et oyz tous ceulx qui auront à remonstrer quelque chose concernant l'honneur de Dieu et refformation de son Eglise, lesquelz nous entendons y povoir com­paroir, venir et retourner en toute liberté et seureté, ilz advisent par emsemble ce qui sera digne d'estre remonstré aud. Concilie general, où il y auroit apa-rance qu'il se tienst bien tost, et attandant icelluy, retrancheront et reformeront ce que par intermis­sion des concilies, negligence des prelatz et autre­ment par corruption du temps leur semblera digne d'estre retranché et refformé, comme chose répu­gnante à la doctrine de Dieu et des sainctz concilies de l'Eglise.
« Ce pendant vous ne fauldrez de tenir l'œil ouvert et donner ordre que les espritz malins qu'ilz pour­roient estre composez des reliques de la rébellion et tumulte d'Amboise, ou autres gens studieulx de nouvelleté et d'altération d'estat, si aucuns en y a, soient tellement descouvers et selon la sévérité de noz editz retenuz, que par leurs machinations, soubz quelque pretexte qu'ilz les couvrent, ilz ne puissent corrompre ceulx qui les peuvent escouter, attirans les simples à leur faction, par exemple de leur im­punité, et soubz la confiance de la clémence dont cy devant avons usé, pu autrement par leur artifice, n'altèrent la transquilité de noz bons et loyaulx subjeetz, lesquelz doibvent attendre toutes bonnes choses de l'issue de si sainctes assemblées qui se feront bien tost, soit pour appaiser l'ire de Dieu et establir ce qui concerne son service, soit pour rete­nir la concorde et unyon qui doibt estre entre les hommes, et mesmement entre ceulx qui ne recon­gnoissent que ung seul Dieu ej, ung Roy -1-.
"Donné à Fontainebleaue, le dernier jour d'Aoust l'an mil cinq cens soixante."
Ainsi signé : FRANÇOIS. Et au dessoubz : de L'Aubespine.
oi Cette recommandation à l'adresse des baillis, insérée, à l'instigation des Guises, dans les lettres de convocation aux États